Est ce que vous savez qui est Loup-Denis Elion ? Vous le connaissez certainement sous le prénom de Cédric dit « poussin ».  Vous l’avez certainement vu un de ces soirs sur M6 jouer ces sketchs dans « scènes de ménage ». On a tous nos préférés…La vidéo ci dessous va vous le faire découvrir sous un angle différent. J’aime assez lorsque des titres « pop » sont arrangés pour voix. C’est amusant et souvent étonnant. Mais ça ne tient pas sur la longueur.

L’autre jour que je trainais sur twitter, je suis tombé sur un lien… que j’ai suivi, puis de fil en aiguille, j’ai appris que non content d’être acteur, il était également chanteur lyrique dans le groupe « les cris de Paris ». Je vous conseille de jeter un oeil aux vidéos filmées des répétitions. C’est intéressant de constater que cela ne se met pas en place aussi facilement.

Étonnant non ?

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Je parle bien entendu de la langue Finnoise, qui nous pose bien des soucis actuellement avec la jeune marjatan. En Finlande il y a 2 langues officielles, le finnois et le suédois, c’est pourquoi le pays est appelé respectivement Suomi et Finlande. En fait, l’ironie est que lorsque nous Français prononçons le mot « Finlande », nous faisons du Suédois.

Pour en savoir un peu plus , je vous reprend ici un petit morceau de Wikipédia : « Le finnois est une langue agglutinante appartenant à la famille des langues finno-ougriennes, qui comprend l’estonien, le same (lapon) et le hongrois. Ces langues se distinguent des autres langues parlées en Europe car, de même que le basque, elles ne sont pas indo-européennes ».

Là encore on peut y lire une trait d’ironie en constatant que le Finnois a ce point commun avec le basque qu’elle n’a aucun point commun avec les autres langues Européennes. Est-il étonnant dans ces conditions, que notre chanteur basque ait autant de difficultés avec les langues étrangères ? Le Finnois en particulier !

La bonne nouvelle c’est que tout est prononçable ! Alors comment travailler ce texte ? Tout d’abord allez chercher votre partition…non je suis sérieux, ne vous contentez pas de lire et de lancer la vidéo, ce sera beaucoup mieux avec le texte sous les yeux. Non là vous trichez vous êtes encore en train de lire… j’attend………………….Bon je vais supposer que certain d’entre vous auront suivi mon conseil. Lancez la vidéo et suivez la partition, vous constaterez avec surprise que ce choeur a exactement le même texte que nous (hééé oui..). Une fois que vous aurez entendu le texte et identifié toutes les syllabes, essayez de chanter votre partie en même temps qu’eux.

Personnellement c’est comme ça que j’ai appris l’anglais. Je faisais Allemand-première-langue, mais javais acheté un double album d’un concert de Simon & Garfunkel a central park, parce que je les avais vu aux « enfants du rock » et je ne savais pas alors que ces chansons étaient déjà vieilles. Il y avait un livret avec toutes les paroles à l’intérieur du 33 tours (ça fait encore plus vieux, n’est ce pas) et je suivais les paroles en même temps que le chant sans rien comprendre à ce qui se racontait. Résultat, j’avais appris par coeur 2 heures de concert, ce qui cumule pas mal de vocabulaire et une bonne initiation à la lecture.

Ensuite vous pouvez la ré-écouter en vous émerveillant qu’ils puissent obtenir un tel résultat avec seulement une poignée de chanteurs. Vous écouterez également les nuances, comme elles vous bercent et comme elles progressent en intensité tout au long du morceau.

En prime je vous offre un morceau d’un groupe Finlandais actuel dont le nom « Sigur Ros » ne vous inspire certainement rien. Mais, du jour où j’ai entendu ce morceau, je l’ai écouté en boucle pendant plus d’une semaine. J’ai récemment constaté qu’il avait été repris sur une Bande Originale de film animalier avec des Lions. Je trouve quelques similitudes entre l’esprit des 2 mélodies. Si vous n’êtes pas d’accord, ce n’est pas grave, je pense que vous trouverez la mélodie assez jolie.

Pour ceux qui n’étaient pas avec nous jeudi dernier, je reprendrai la phrase de Pierre : « mangez votre texte ».

Bobby Mc Ferrin est ce chanteur que vous connaissez tous, il nous a mis un peu de couleur dans nos vie grise en chantant « Don’t worry be Happy ». Je suis sur que vous avez encore en tête ce petit morceau de paradis en musique.

La vidéo que je vous propose est issue d’un congrès scientifique en neuroscience. Je n’ai pas cherché à savoir réellement de quoi il retournait mais quelqu’un m’a fait part de ce passage qui est selon moi remarquable, je vous laisse la regarder pour vous le plaisir de la découverte. Il conclue son petit show par « où que je sois dans le monde j’obtiens ce résultat ».

Plusieurs aspects sont tout à fait incroyable pour moi. Comme vous le constatez, la communication ne se fait que sur la gestuelle. Seules des notes sont échangées et la gestuelle fait le reste, ce qui suggère que la salle pourrait être pleine de gens de tous horizons et le résultat serait le même.

Par ailleurs, les notes qu’ils fait chanter suivent une gamme pentatonique, ce terme technique un peu barbare décrit une gamme à 5 notes au lieu de 7 dans la gamme standard. La gamme pentatonique est celle qui est utilisée par les guitariste de rock pour monter et descendre des notes à la mitraillette ainsi que dans la musique traditionnelle Japonaise (chinoise, hongroise et javanaise). Cette gamme primitive est elle présente dans l’inconscience collective ?

La musique comme langage universel…les geek feront le rapprochement avec les rencontres du 3ème type où les humains rencontrent des Extra Terrestres en échangeant 5 notes. Au passage de la prochaine soucoupe volante, il faudra demander à Bobby Mc Ferrin d’entrer en communication avec les « petits gris » qui en descendront.

Il s’agit d’une chorale improvisée, intuitive, sur un piano invisible … juste des humains et leur voix. Je ne m’en lasse pas.

 

 

Vendredi soir, je suis rentré de mon dernier déplacement quelque peu fatigué. Il m’avait fallu me lever bien tôt et rentrer assez tard, c’est pourquoi à mon retour je m’étais pris d’une grande affection pour mon canapé. Mais avant d’aller rejoindre mon deuxième meilleur pote de la soirée (mon lit), j’ai eu envie d’aller faire un tour vers ma boite au lettre « perso ». Celle que l’on ouvre pour la vider de son SPAM et chercher les quelques messages que l’on aurait pu m’envoyer. Après avoir décliné quelques offres publicitaires alléchantes sur des produits pharmaceutiques importés, envoyé à la corbeille une opportunité unique de devenir riche en envoyant 1000$ à la veuve d’un diplomate (que je me demande où elle a eu mon adresse ), je trouve enfin ce que je cherchais, le message de notre chef de choeur .

Il est comme ça Pierre, après chaque concert il nous envoie un petit mot pour nous dire comment on était. Quand il n’en n’envoie pas c’est que c’était certainement pas très bon, s’il met du temps à écrire c’est que c’est assez moyen. Mais en l’occurrence, je n’étais pas trop inquiet, il nous l’avait bien dit que ça allait bien se passer :

« ne vous inquiétez pas, vous ne connaissez pas la scène, on a pas pu répéter et vous ne vous entendrez pas , mais ça va bien se passer… »

Avec une telle mise en condition, les troupes étaient à bloc.

Mais reprenons un peu plus tôt dans la journée.

Levé à 6h30, 1heure plus tard je suis dans mon bureau à préparer ma journée du lendemain. Le midi, une salade piémontaise à même l’emballage et je m’impose d’éteindre le PC à 16h, pour chauffer la clarinette, essayer de trouver une anche à peu près correcte. Mais le solo de « shalom » ne sort pas comme il faut. Tant pis, 16h30, je charge mes partitions, les pupitres à main et mon écharpe dans le coffre de la voiture et je vais chercher les enfants à la descente du métro. Retour maison à 17h15, je prépare mes affaires pour lendemain car il faudra se lever à 5h.  Ce faisant, je récupère l’adresse de la salle de spectacle sur mes mails et je programme l’adresse sur le GPS. M… c’est beaucoup plus loin que je ne le pensais. Je m’agite, je me rase,  je me change et enfile la tenue de choriste avec un peu de « sent-bon » par dessus. J’étrenne des boutons de manchettes tout neuf, que je n’arrive pas à mettre en place, j’appelle ma fille qui n’y arrive pas non plus, avec nos 4 mains, on finit par y arriver. Je crois bien que c’est la première fois que je porte des boutons de manchette. Ils sont oranges, en harmonie avec mon écharpe et m’ont été offert pour mon anniversaire. Je descend les escaliers 4 à 4 , j’enfile mes godasses, je fourre une bouteille d’eau dans la poche de ma veste et je branche mon GPS sur l’allume cigare.

Je prend la route pour la salle de spectacle, et je n’en finis pas d’y arriver, la route me parait une éternité. Je vais arriver 10 min plus tard que prévu sur mon timing. J’aperçois au loin un nuage de lumière rouge/rose/orangé avec les lettres de néons de notre salle de concert. Là….. c’est pas vraiment un choc… mais ça impressionne tout de même. La salle est immense. Une vrai salle de concert toute neuve où va bientot se produire Louis Bertignac si j’en crois les affiches dans l’entrée.

Catherine, la voix de mon GPS, me dit que j’ai dépassé mon adresse d’arrivée, mais c’est normal vu que je trouve pas l’entrée du parking. Je commence par me tromper et faire demi-tour sur le parking et telle la petite souris dans le labyrinthe qui cherche son fromage, je finit par trouver une place pas trop loin de l’entrée.

Je descend de voiture et je souffle un moment en regardant la salle… Impressionnant !  C’est Las Vegas en plein sud-ouest. Je me demande par où je dois entrer, je met mon écharpe autour du cou, j’aurai l’air ainsi un peu plus artiste et on me laissera entrer dans les coulisses. Je prend mes partitions et j’entre par l’entrée principale et je file directe dans la salle. Certains sont déjà arrivés mais aucun filtrage ne m’interdit l’accès à la salle. Il y a déjà du monde dans les gradins et des jeunes filles sont en train de répéter une polyphonie à 5. Le son est excellent et les filles sont « pros ». Je pensais qu’il n’y aurait que des saxophones et 2 chorales mais apparemment ça va être plus compliqué que ça. La salle est magnifique la scène superbe, nous serons sonorisés…encore une première.

Comme d’habitude dans ce genre de situation, je scrute la salle et j’essaie de trouver ou est « le chef ». D’habitude il y a toujours quelqu’un qui sort du lot avec un T-shirt d’un vieux concert de Deep Purple ou un badge d’accréditation. Je croise Viviane et Pierre dans le couloir, Pierre a le visage fermé et Viviane … c’est Viviane comme d’habitude. Elle m’explique ce que je commençais à comprendre, rien n’était réellement organisé pour nous recevoir et il allait falloir faire « avec ». Pierre essaie d’expliquer au régisseur dans quelles conditions nous souhaitons chanter, il demande où poser son piano… mais le type n’est pas très cool, il ne veut pas que Pierre utilise son piano et lui impose d’utiliser celui qui est déjà sur scène. Pierre est un « pro », mais tout de même ce n’est pas évident de tapoter les touches d’un piano sans avoir été présenté. Je commence à pas trop sentir mon solo de clarinette.

Nos amis d’accroche-choeur avec leurs badges rouges sont déjà là pour la plupart et ils ont pris possession des lieux. Ils nous indiquent où nous poser.

J’attrape Firmin et on va chercher les pupitres à main. On se pose effectivement dans la salle de chauffe. On se retrouve donc bientot à plus de 60 dans une salle remplie de chaises empilées et de praticables repliés. On papotte et on plaisante pour se donner un peu de courage. Car il faut bien dire que tout ce décorum et ce manque de préparation était nouveau pour nous tous et c’était assez intimidant. Quelques personnes tentent d’établir le silence pour démarrer l’échauffement vocal.

« Ne me faites pas crier… je vais chanter moi aussi… économisez votre voix ».

Je me demande qui a parlé car je suis en train de mettre de l’ordre dans mes partoches.  Dans ce genre de situation, on peut avoir 2 attitudes négatives, ce prendre un peu trop au sérieux et se mettre à engueuler tout le monde en jetant des regards meurtriers, ou tenter de s’en foutre royalement en se marrant avec ses voisins.  Statistiquement, dans un groupe de 60-70 personnes, on finit par avoir quelqu’un qui commence à engueuler le monde et les autres qui se foutent de lui.

Dieu merci, le chef de Choeur d’accroche Choeur arrive et commence l’échauffement avant que la situation ne dégénère. Il a l’air sympa le chef de choeur d’accroche choeur, je ne le sens pas forcément très serein non plus,  et il nous fait travailler des exercices que nous ne connaissons pas. Je trouve ça assez divertissant et cela nous fait passer les 15 minutes qui suivent dans un calme acceptable même si ça continue à entrer et sortir joyeusement de la salle. Les rangs de « si tous ensemble » commencent à bien se remplir et à chaque nouveau visage familier, je ne peux m’empêcher de ressentir une petite bouffée d’orgueil. Je suis très content de voir que tant de choristes ont fait l’effort d’être là si tôt. Pour notre premier concert de la saison (qui sera un mini-concert) on sera presque au complet.

Pierre nous récupère et nous oriente vers les coulisses. Il  nous met en place dans le couloir et nous explique comment nous allons entrer en scène. Il galvanise les troupes avec la phrase citée plus haut : « ne vous inquiétez pas vous ne vous entendrez pas…mais n’oubliez jamais de sourire » . Hé oui … ce sourire que nous oublions trop souvent. Je regarde mon voisin de droite et en fait de sourire, il a plutôt la tête blafarde d’un condamné à la guillotine.

« ça va ? » je lui demande

– Pas trop, me répond-il.

– tu ne te sens pas bien ? qu’est ce qui t’arrive tu veux t’assoir ?

-C’est le trac je crois…

Tout était dit. C’était évident que les conditions étaient intimidantes. Mon voisin, je lui avais déjà vu cette tête à mon arrivée. Il était dans les à gradins écouter le quintette féminin entonner ses chants tribaux. Elles étaient si pro, et si parfaites, que les regarder répéter ne pouvait conduire qu’à la question inéluctable « mais qu’est ce que je fous là ».

Je le laisse ruminer son trac et je discute avec mon voisin de gauche. Il avait lui aussi eu une semaine de dingue avec une ville par jour, des interventions en tant que formateur toute la journée, puis voiture, hotel et rebelote. Il avait finit sa dernière formation dans l’après midi, s’était changé dans la salle de formation et avait tracé sa route directement à la salle de spectacle . « Respect » dirait mon neveu-à-casquette.

On sent le groupe soudé, on ne se quitte plus, on serre les rangs,  nous allons entrer en scène dans les minutes qui viennent. Nous avançons en procession jusque dans les coulisses et nous reprenons notre formation sur 3 rangs pour réussir notre entrée.

« Quoi ? c’est quoi des praticables ? » me demande-t-on. Je ne cherche même pas à expliquer « tu verras bien ».

On me demande également : « c’est dans quel ordre les chants »… je ne la ramène pas trop car je ne les avais rangé que 5 minutes plus tôt. Je donne l’ordre de mon classement et ma voisine de devant me dit :

« t’es sûr, j’ai pas ça moi ! »

Elle vérifie et en fait je me suis gourré. Trop tard… je vais pas me remettre tout dans l’ordre.

Le technicien dans les coulisses est plutôt sympa et souriant et nous rassure. « Encore quelques discours et c’est à vous » .

J’ai soif, j’arrête pas d’avoir soif, et je n’arrive pas à étancher ma soif, si ça continue va falloir que j’aille pisser aussi… Je puise dans ma petite bouteille d’eau et je me demande si je la garde sur moi ou pas. « laisse tomber, je me dis, tu es bien capable de tenir 20 minutes, et puis le bouchon rouge va dépasser de la poche de ma veste, mais c’est pas grave si je la met dans ma poche droite puisque les gens verrons que mon coté gauche « . Finalement, je la pose à terre dans un coin pour la récupérer plus tard.

Je fais des grimaces autour de moi pour rappeler à tous qu’il nous faut sourire et c’est enfin le moment d’entrer en scène. Pierre me demande pour le solo et je préfère pas le faire. Pierre avertit tout le monde et  Jean-Baptiste part devant…

« Quelle belle scène… »

Les éclairages ne sont pas assez forts pour nous empêcher de voir le public et la salle est pleine. Mais ce n’est plus le moment d’avoir le trac. Tout le monde se met en place sans se prendre les pieds dans les praticables, c’est plutôt un bon début. Je prend la pose et  respire un grand coup.

Pierre fait l’intro sur « el noi de la mare » et nous y sommes enfin. Effectivement on ne s’entend pas trop. J’entends super bien mes deux voisins , un peu le piano et un tout petit peu les sopranes qui sont très très loin, et pas du tout les alti, quant aux basses…. Mais globalement j’ai l’impression que tout le monde s’applique et que les nuances sont là.

Après le premier chant, Muriel va prendre la parole devant un micro cardioide, elle se plie en 2 pour présenter nos titres et le technicien accourt avec un « vrai micro » . Il est cool le technicien. Elle annonce les titres, tant mieux, j’aurai pas à regarder sur le voisin pour vérifier que je me trompe pas.

« Shalom » se passe comme dans un rêve et je suis content de ne pas avoir à souffler dans mon biniou.

On enchaine sur les medley des Beatles et il se passe un truc assez sympa. Entre « Yesterday » et « let it be » le public applaudit, Pierre poursuit au piano et nous enchainons. On se prendrait pour un crooner sur le retour qui fait son récital d’adieu et pour lequel le public inconditionnel applaudit au moindre murmure.

Arrive « la mer… », j’adore cette chanson, ça fait partie de celles qui ne racontent rien mais que j’aime toujours. Le temps de me dire ça et je me rend compte que je chante ténor en lisant la ligne de basse. Je me recale. Tiens j’entends les basses… mon voisin prend confiance et s’emballe un peu. Du bras droit,  je lui bats la mesure contre la hanche et il reprend le tempo.

« California dreamin’  » et c’est déjà fini.

Le présentateur nous remercie chaleureusement et meuble pendant que nous quittons la scène en ordre, toujours sans accident majeur, même pour Hélène et ses béquilles. Il réclame des applaudissement « car nous n’avons pas répété et nous avons quitté le travail en avance pour être là ». Je ne sais pas qui lui a dit, mais sur ce coup, il a pas tort.

En sortant, je regarde les visages de nos amis d’accroche choeur, ils n’en mènent pas large non plus, mais ça devrait bien se passer.

Je récupère ma bouteille et je la termine. J’entends ‘YMCA » au loin. Je demande à Viviane de récupérer les pupitres et finalement je pars avec le carton et je fais passer la consigne inverse histoire de bien mettre la pagaille.

Dans la demi heure qui a suivi, j’ai mangé une quiche en sortant mon chien, puis à 21h pétante j’étais au lit. A 5h le réveil sonnait et un peu plus tard, dans la région parisienne,  mon chauffeur de taxi me racontait les bienfaits des matelas à mémoire de forme. à 18h le même jour j’arrive à attraper une navette « Paris-Toulouse » et il sera 23h quand je lirai le mail de Pierre:

 » …je suis fier..  » nous a-t-il écrit

Jamais nous n’avons eu un retour aussi fort de sa part alors…

Pour moi, comme pour bien d’autres cela avait été une journée à 100 à l’heure. Nous devions chanter très tôt, un spectacle qui commence à 19h15 et nous étions en levée de rideau. Pour nous tous, c’était une gageure d’être présent à l’heure. Malgré cela nous avons été une solide formation présente sur scène et nous avons donné le meilleur.

Moi aussi, je suis fier. Fier de faire partie de cette chorale et je suis heureux d’avoir cette chance incroyable de vivre des moments de scènes auxquels je ne m’attendais pas.

Je regrette de ne pas avoir pu finir la soirée avec mes amis. Mais c’est comme ça, nous trouverons un autre moment pour en parler et nous remémorer ce concert.

Merci à Viviane qui nous a trouvé ce « contrat » et merci à vous tous pour nous avoir fait partager ces 20 minutes de parenthèses.

 

Bernadette me transmet une information pour 2 concerts.

Voici donc un copier/coller pour le premier :

Concert de Sainte-Cécile, organisé par la SOCIETE MUSICALE DE TOURNEFEUILLE

VENDREDI 18 NOVEMBRE 2011 – 20H30 – LE PHARE – TOURNEFEUILLE

Tarif * : 6 Euros – Gratuit * pour les enfants de moins de 12 ans

Billets « Payant » et « Gratuit » disponibles auprès de la billetterie du Service Culturel (Médiathèque)

ou : www.mairie-tournefeuille.fr

 

Et également un affiche assez réussie pour le Ray Big Band:

Affiche officielle

C’est un exercice amusant que celui qui consiste à aller chercher les notes les plus haut ! Pendant l’échauffement , mais si…. c’est quand on fait la petite flexion sur le soooooo-leil. Nous avons compris aujourd’hui que le but du jeu n’était pas de chanter plus fort mais de s’aider d’une poussée sur le sol pour aller chercher un peu plus haut dans les aigues. Pas forcément très clair ?

Regardez la photo ci-contre, observez la position du chanteur, que vous inspire-t-il ? A mon avis, il est en train d’aller chercher dans son registre le plus aigu et pour cela il s’aide instinctivement en soutenant une colonne d’air qui part du ventre jusque tout là-haut.

Cette position vous l’avez certainement déjà vue sur les chanteurs et chanteuses de rock, avec même un peu plus de tension avec le corps légèrement penché vers l’arrière. On raconte même que pour pousser encore plus loin l’exercice il faut chanter à genoux, en se penchant en arrière la contraction abdominale devient alors évidente. C’est le meilleur moyen de sentir comme le corps doit travailler sur les moments les plus techniques.

Alors, lorsqu’on chante le soleil, à l’échauffement, il ne s’agit pas de chanter plus fort mais de chanter plus haut…la prochaine fois vous n’aurez qu’à vous imaginer en Céline Dion au milieu d’un stade ou en Freddy Mercury sur Bohemian Rhapsody (ça c’est pour les basses), et vous trouverez que ça chauffe au milieu du ventre. si ça ne chauffe pas, couchez vous sur le dos et posez un dictionnaire sur le ventre, chantez quelques notes… Si après cela vous ne sentez toujours pas vos abdos se contracter, commandez en un jeu neuf pour Noel.

 

Quand j’ai débuté la musique, j’avais environ 7 ans, et je travaillais la clarinette entre 20 et 30 min par jours (les bonnes semaines) pour me rendre au cours le jeudi soir. J’y faisais des gammes et présentais une petite pièce qui tenait sur une page. Ce petit morceau était souvent une mélodie assez jolie qui avait pour objectif de me faire travailler un aspect particulier de la technique clarinettistique: les appogiatures, les transitions graves/aigues, le passage la/si, le détaché… toutes ces difficultés techniques qu’il nous fallait surmonter pour pouvoir proposer une interprétation à peu près réussie d’un morceau un peu plus ambitieux pour l’examen de fin d’année.

Lorsque j’ai commencé le cahier « mélodique », très studieux, je donnais ce qu’il m’était possible de donner, et ne voila-t-il pas que mon professeur m’interrompt, il me demande d’être plus expressif, il embouche sa clarinette et me fait une démonstration, je fais oui de la tête, mais cela ne lui suffit pas. C’est alors qu’il a fait ce geste que j’ai vu refaire des 10aine de fois par la suite, il sort un crayon à papier et griffonne un gros « V » de travers sous la portée et me dis « là, il faut marquer le crescendo ». J’en revenais pas. Il avait écrit sur mon livre. On l’avait payé cher et lui, il se donnait le droit de griffonner avec son crayon usé sur la partition toute neuve. Il manque pas d’air, il a tout abimé l’imbécile, sûr que je vais me faire disputer après ça. Coup de chance, il a utilisé un crayon à papier, je vais pouvoir l’effacer.

Un peu contrarié, je marque le crescendo comme je peux en soufflant comme un forgeron dans mon instrument, j’ai dû y trouver un certain défouloir, car voilà qu’il m’interrompt de nouveau pour me dire : « et là, tu vois il y a un « p » ça veut dire piano ». Il reprend sa clarinette pour me faire écouter la transition forte/piano, mais je n’écoutais plus, je me demandais s’il allait recommettre son crime irrespectueux qui pour moi avait la portée d’un autodafé. Cela n’a pas manqué, il a ressorti son crayon et a souligné le p de 3 traits énergiques qui ont gravé le papier épais sur au moins 3 pages. Je suis reparti abattu de ce cours mémorable, mais j’ai compris un peu plus tard que c’était la manière de travailler des musiciens. On m’avait appris à respecter les livres car nous n’avions pas forcément beaucoup de moyens et il fallait qu’ils servent pour les 3 frères. Je n’étais pas habitué aux griffonnages propres à l’étude des documents qui sont une marque de l’appropriation de l’oeuvre par le lecteur.

Plus que dans tout autre moyen d’écriture, la musique est proposée comme un support et l’interprétation y est suggérée plus qu’imposée. Ainsi, lorsque Pierre en début d’année nous à envoyé ces crayons « pas encore taillés », il ne s’agissait pas d’un geste de faible portée, il ne s’agissait pas d’une simple boutade pour ceux qui viennent sans de quoi écrire. L’annotation des partitions fait partie du travail de l’interprète qui ré-écrit par signes les notes qui lui sont proposées comme un support à son expression propre.

Tous les musiciens travaillant sur partition ont dans leur étui un crayon à papier usé.

Fantasia de Mozart, annoté

Alors, quand nous travaillons l’interprétation d’un morceau, tous les moyens sont bons, même les écureuils.

Récemment, lors d’une de nos répétitions, les sopranes devaient être « espiègles » (je crois que c’était dans « la mer »). C’est une chose qui avait déjà été dite mais oublié depuis (d’ou le crayon). Je ne connais pas de terme codifié en musique pour exprimer l’espièglerie, sans doute un mot en italien ferait il l’affaire…

Le crayon à papier peut être utile en écrivant « espiègle », mais cela ne fera certainement pas l’affaire, car il arrive un moment où l’on ne voit plus les écritures. Chaque lettre est une image et il est difficile  de photographier un mot en entier lorsqu’on est déjà occupé à repérer des notes et suivre des paroles.

Je ne sais plus qui, mais quelqu’un a parlé d’écureuil, je ne sais pas très bien pourquoi, mais il semble que l’écureuil soit dans l’esprit de cette personne, un animal espiègle. Pour celle de derrière cela avait quelque chose à voir avec les noisettes mais je m’éloigne de mon propos.

Je suggère donc que vous découpiez une image d’écureuil et que vous la colliez sur votre partition pour que vous soyez espiègles au moment opportun. La photo de l’écureuil ne représente qu’un seul signe et sera plus efficace qu’une annotation au crayon. Si pour certains d’entre vous l’éléphant est plus espiègle que l’écureuil n’hésitez pas à coller une photo d’éléphant… mais songez à l’aspect pratique de la chose, il faut encore pouvoir lire la partoche.

Vous trouverez sur internet des tas de photo d’écureuil, imprimez en une et collez là, je vous garanti que l’espièglerie sera au rendez vous.

Nous sommes déjà en octobre et nous continuons à accueillir de nouveaux chanteurs et chanteuses dans notre ensemble. C’est à chaque fois quelque chose de tout à fait plaisant d’entendre arriver de nouvelles voix et c’est en même temps assez mystérieux. C’est un peu comme une génération spontanée de chanteurs. C’est encore plus heureux quand ils reviennent, car s’ils essaient par curiosité, ils reviennent sans doute par plaisir. La simple pensée que notre groupe puisse avoir pu donner envie d’aller un peu plus loin suffit à mon bonheur et devrait être une source de fierté pour chacun d’entre nous.

La première séance que j’ai faite au sein de « si tous ensemble » c’était il y a 2 ans environ et le morceau en chantier à cette époque c’était le « blues du dentiste ». J’ai pris place au sein des basses et j’ai fait « doum doum doum ». Ce n’était pas très difficile car la ligne de basse est très standard et j’ai pu facilement trouver ma place dans le groupe. Aujourd’hui, je pense que ce doit être un peu plus difficile, je pense notamment à ceux qui attaquent sur le pupitre alto qui est sans doute le plus difficile. La tâche est certainement impressionnante et j’ai pu sentir certaines personnes plutôt destabilisées par la lecture des partitions. D’autant plus que lors de notre dernière répétition nous étions déjà bien avancés dans « olzelivzarbraoune » et que nous avons pu reprendre 2 de nos anciens titres (La mer et Hegoak) et 2 fois du gateau. En effet, c’était une séance où nous avons pu beaucoup chanter avec même un peu de temps pour fêter l’anniversaire de Thérèse (qui suit une thérapie par le rire cumulée à des soins de musico-thérapies intenses).

Beaucoup de travail et peut être un peu de crainte face à l’ampleur du chantier. Mais si on y réfléchit bien. Quelles occasions avons nous de nous mettre dans de telles situations où nous avons beaucoup à apprendre, c’est une opportunité unique d’apprendre beaucoup en peu de temps, car la récompense est au bout. La première fois que je me suis assis au volant d’une voiture c’était la panique, mais maintenant ça va mieux , ce sont les autres qui paniquent. La chorale c’est un peu pareil, il y a un moment ou l’on y pense plus et que tout vient automatiquement.

Vous n’êtes pas sans avoir remarqué que les pupitres masculins se sont drôlement renforcés cette année avec 3 ou 4 basses de plus et même un ténor. Et c’est qu’ils s’accrochent ces nouveaux, ils sont super-motivés et ils en veulent. Je suis assez impressionné d’entendre à quel vitesse Etienne (mon nouveau voisin ténor) a trouvé sa place dans ce groupe. (j’entends un peu moins les basses).

Ainsi pour que tout le monde soit à égalité, je propose à ceux qui ne sont pas nouveau de se remémorer ce qu’est de démarrer quelque chose de neuf en suivant ce petit cours de claquettes (tap dancing en Anglais). Nous pourrons ensuite ajouter ce petit intermède entre deux titres lorsqu’il faudra gérer les instruments et tout le reste.

Alors je tire ici un coup de chapeau à celles et ceux que nous sommes vraiment heureux d’accueillir et qui nous font l’honneur d’apporter leur énergie au groupe. J’espère que nous saurons leur apporter la notre en retour.

Il y a quelques temps que je réfléchis à un sujet sur l’éducation musicale, en effet, une génération de collégiens (30 ans) a souffert de la flute à bec pendant leurs 4 années de détention dans les classes,  des parents ont souffert avec eux pendant qu’ils s’entrainaient en y mettant tout leur coeur. Les voisins aussi ont souffert et ne parlons même pas de ces pauvres profs de musique qui ont connu les pires moment de leur carrière quand il a fallu noter les élèves les uns après les autres.

La flute à bec non plus, cela ne lui a pas fait du bien. On a finit par croire que ce n’était pas un véritable instrument.

Voici donc un exemple de ce que représente l’éducation musicale dans un autre pays : la Suède. La Suède est le premier exportateur de musique d’Europe et dépasse même le Royaume Unis. Cela s’explique notamment par une éducation musicale poussée et l’existence d’ABBA. Mais tout cela a commencé très tôt. Je vous laisse donc déguster cet intensité dramatique du « so sprach Zarathustra » interprété par un orchestre écolier Suédois: Enjoy.

La mémoire est une capacité fascinante. Si je vous pose la question : avez vous de la mémoire ? Je suis quasiment certain, que vous prendrez un ton affolé en battant des ailes avec les mains  » non je n’ai aucune mémoire », comme si j’allais vous demander de passer au tableau pour réciter du Corneille et que cela vous a pris des heures à vous souvenir de la première strophe. Vous oubliez les noms mais jamais un visage, vous ne trouvez jamais vos clés alors vous savez parfaitement où vous rangez vos affaires, certains événements resteront gravés dans votre esprits alors que êtes incapable de me dire (sans regarder)  si le cadran de votre montre est fait de chiffres Romains ou Arabes.

Un parfum, une chanson, la sensation du vent sont autant de sensations qui peuvent nous faire voyager  … l’odeur d’un bord de mer, une chanson que l’on n’a pas entendu depuis 20 ans peuvent nous faire traverser les barrière du temps et de l’espace pour nous transporter là où nous seul étions, là où nous seul savons, là où nous seul pouvons. Ces sensations fugaces sont aussi pures qu’intenses. Le souvenir stimulé par nos sens a ce pouvoir unique de nous faire revivre avec une grande précision des instants que nous ne saurions décrire qu’avec tant d’imperfection. La mémoire des sens.

Il y a 10 jours de cela environ, lors de notre répétition du jeudi, nous avions franchit le sommet de notre « chantier » du moment, et il nous restait un peu de temps pour reprendre l’un de nos titres travaillés l’année dernière. Le choix du groupe s’est porté sur « la Mer »,  ce titre qui fait tellement partie de notre mémoire collective, une  chanson comme on en fera jamais plus.

Dès nos premières notes, nos premiers « houhou… » j’ai pu sentir cette énergie qui ne demandait qu’à se lâcher et qui passait des ténors vers les sopranes, puis vers les alti et de nouveaux ténors et basses. Très vite, les sensations sont revenues et j’ai pu me détacher de la partition pour ne plus chanter qu’intuitivement en répondant à ce que je recevais. Cet élan, « comme le flux et reflux des marées »,  a duré aussi longtemps que la chanson l’a permis. Un long moment de cette enivrante sensation du chant, un instant de pur plaisir. Il faut croire que nous avons su développer une mémoire qui nous est propre, qui se mobilise autour du piano, mobilisé par ce que nous avons entendu (à défaut peut être de l’avoir écouté).

Dans le film « Nelly et M Arnaud », Michel Serrault a cette réplique en parlant de son ordinateur : « beaucoup de mémoire mais aucun souvenirs ». Grâce à cette mémoire du choeur, vous m’avez fait un joli souvenir.

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